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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 20:44
A gauche Mado, au centre Jeanine Rogier et à droite Janny

A gauche Mado, au centre Jeanine Rogier et à droite Janny

 

Une grande famille SORGUAISE

les MARIE !

 

Et MADO , une frangine exceptionnelle .

 

Une vie de labeur, d'amour conjugal et maternel

 

La saga de MAGDELEINE

 

Sorguaise discrète , mais combien  populaire !

 

De l'école des sœurs, avenue du Griffon, au contrôle technique du COUQUIOU ( Zi ENTRAIGUES ) Magdeleine GERENT  , ma sœur et seule fille d'une famille de cinq enfants approche aujourd'hui les 90 printemps  !

Elle aura franchi au cours des ans, bien des étapes d'une vie modeste , humble , laborieuse , faite d'efforts et de persévérance mais surtout  emplie d’amour pour  sa famille .

Le long de  la place ST PIERRE se trouve encore la boucherie créée dans les années 50 par Constant BESSON ancien « maquignon » (négociant en chevaux ) C’est là que vivait cette famille d’amis , nos voisins .

Notre   maison était  mitoyenne des BESSON. Elle donnait aussi rue Sévigné, nous étions dans l’angle au numéro 2 .

Nous recevions parfois des courriers avec comme adresse : derrière le TIVOLI  ou plus savoureux encore  : pas loin des cabinets ! (on se souvient des imposantes vespasiennes qui trônaient en face du cinéma.)

 

Les deux filles BESSON Elise et Marie -Rose , copines d’enfance de Mado, aimaient raconter, il y a peu de temps encore , leurs exploits de petites filles .

Ayant traversé tant bien que mal les affres de la guerre de 39/45, elles s’élançaient dans une jeunesse insouciante les poussant gentiment vers l'âge adulte.

La jeunesse insouciante , un passage  de courte durée autrefois, où l'on devait précocement accéder à l’ autonomie.

 

Mais en attendant …

 

Sur les pentes de l'avenue des Griffons, le long de la place ST PIERRE,  depuis  la biscuiterie Rabot jusqu’aux  quais de la Sorgue, en passant devant le TIVOLI , les copines accrochées au  landau du petit frère  Louis, alors bébé,  dévalaient allégrement cette descente sous les cris effrayés des parents  !

Un beau jour Mado atteignit ses 14 ans . Son année scolaire n’était pas terminée.

Notre mère lui dit : «  il faut aller travailler   , on embauche chez BOUSCARLE… ».

Son institutrice , La  sœur Marie Rosalie   du couvent de la PRESENTATION DE MARIE aurait voulu  que son élève finisse son année scolaire  et obtienne  son certificat d’études .Elle essaya de convaincre   MATHILDE,  notre sainte mère …

Mais ses supplications furent vaines .

Pour rappel , précisons que nos parents avaient quitté l’école dès 10 ans pour être placés par leurs parents respectifs comme domestiques dans des fermes .

On comprendra mieux pourquoi 4 années de scolarité supplémentaires leur semblaient bien suffisantes .

Mais notre mère , nos parents, nous ont donné beaucoup plus que la possibilité d’accéder aux diplômes. Ils nous ont, par leur exemple et une éducation saine , permis de progresser et de nous élever socialement  par le travail .

Ainsi Mado entra comme ouvrière à l'usine à soie, Chemin de la Coquille avec ses copines Fifine  PASTOR, Aimée ROBERT   ….

Le travail était dur à l’usine  , les contre-maîtresses intraitables : il fallait du rendement !

Et la paye était maigre…

Mais ce complément de  revenus comptait beaucoup pour notre modeste famille qui vivait chichement.

Nos parents avaient vécu des périodes encore plus difficiles . C’est pourquoi Ils subissaient une espèce de résignation due à l’accoutumance de la pauvreté, vécue comme une fatalité . Mais cela ne les poussait pas aux lamentations stériles .

 

Je me souviens surtout des bons moments :

 

  • Les rigolades  des soirées d’été. Nous prenions  « le frais » devant notre porte avec les CHABRAN  (Jeannot garde à la PNS) et Paulette son épouse . Une femme adorable employée chez « FINE » la mercerie rue des Remparts ,  seule fille d’une nombreuse famille :

La famille  MARIE résidait dans une ferme au quartier FONVERT, le père, HYPPOLITE, était jardinier à la PNS ,

 

Parmi nos bons voisins ,nous comptions  aussi les Cubells , Paquita, les Casacoli dont le père travaillait à la poudrerie , madame GLEIZE Marcelle  téléphoniste à la poudrerie .. .

 

  • L’hiver, autour de la cheminée, on jouait aux cartes, on faisait griller des châtaignes . Mon père servait sa piquette, une institution pour lui qui avait sa cave rue Cavalerie . Les grands racontaient des blagues, parfois salées. Je m’en souviens de quelques unes, même si les adultes baissaient la voix , avant de partir en grands fou-rire . Jeannot Chabran n’était pas manchot sur ce terrain .

 

 EUGENE , lui , faisait bouillir  les lessiveuses pour la bugade de ma mère ,  lendemain .

 

  • Je me souviens des baletti où Mado après mille recommandations des parents ,obtenait l’autorisation d’aller danser . Je l’accompagnais parfois .

 Chaperon ?...Cela se pratiquait à cette époque .

Le bal  « Chez PIERRE »  (BOUDON) Devenu plus tard le cinéma LUX était très prisé par la jeunesse .Ce « Pierre »  épousa  Marie-Rose  BESSON  .

Puis , évènement naturel , vinrent pour Mado , les câlinages , et enfin la rencontre amoureuse avec Roger VAROQUI . Un mariage heureux Une belle vie de couple . Trop vite interrompue .

Un drame : ROGER, fauché par une voiture au retour du travail à l’ELECTRO .

Un veuvage douloureux, si jeune !

Les années s’écoulèrent.  Mado , revenue parmi nous rue Sévigné, occupa successivement plusieurs emplois .

La vie suivant son cours, elle rencontra RAYMOND , un frère de Paulette CHABRAN née MARIE  .

Ils tombèrent amoureux et se marièrent .

Que de bons souvenirs de ces dimanches à Fonvert chez les MARIE.  La table était toujours bien garnie et on savait recevoir sans chichi .

C’est que madame MARIE , Blanche , savait ce qu’était nourrir ses grands gaillards Raymond, Marcel, René, Henri, Robert…

Les voisins venaient passer l’après midi il y avait les MEDOC , les FERLANDA, MILLOT…….

Des amitiés sincères et durables .

Raymond  MARIE était mécanicien auto. Son emploi au VIALIT, entreprise de goudronnage , les amenait, surtout l’été, sur les routes de la région et jusqu’aux départements voisins.

Les épouses suivaient leur mari en guise de vacances .

J’étais souvent de la partie avec eux, en déplacement .

Je me souviens particulièrement d’un chantier de goudronnage à CREST dans la DROME .

Avec René DESSEINGE ,monsieur DEVILLE père de Georges , JUAN …

Un travail pénible derrière la citerne fumante de bitume . On remarquait  cependant un engagement total de ces ouvriers .

Cela m’a marqué.

L’unité de ces gens , on ne les entendait jamais se plaindre , …

(Réflexions d’un petit garçon de 11 ans .)

Après le VIALIT ce fut RIDOLFI puis GUYON …Non pas que Raymond pratiquait un  nomadisme professionnel mais parce que ces entrepreneurs vendaient leurs biens , se transformaient…

Vint tout de même le moment de se mettre « à son compte »

Ce fut d’abord  la station service du LAC  au Pontet , puis  de la création d’un garage RENAULT.  Et enfin  deux centre techniques auto l’un à Entraigues l’autre au Pontet..

Quel beau parcours à l’actif de cette famille courageuse et entreprenante .

Il faut dire que le fils, PHILIPPE avait mis, dès sa sortie d’études, un élan d’innovations et de modernité dans leur entreprise  .

Lorsque   je rencontre d’anciens ouvriers ou apprentis ayant travaillé chez les MARIE  que d’éloges et de nostalgie chez ceux qui ont été formés chez des patrons  qui  leur ont permis de devenir patrons à leur tour.

 

Mais revenons à MADO

Qui ne se souvient de son passage comme serveuse à la pâtisserie JOUANNARD rue de la république ?

Puis vendeuse chez BERNARD confection place de la mairie aux côtés de Colette la fille des patrons .

Et je passe ses divers emplois comme femme de ménage

Magdeleine GERENT devenue MARIE avait été à bonne école .Et cela continuait avec la famille MARIE !

La disparition de RAYMOND , parti trop jeune, alors que ce couple aurait pu vivre une retraite heureuse a bouleversé la famille.

Un homme attachant conciliant en toutes circonstances d’une amabilité reconnue par tous, qui ne laisse que des regrets .

Mado qui lui est restée fidèle le pleure aujourd’hui encore . Elle  trouve son réconfort chez son fils unique, Philippe , son épouse  Edwige (née MESSIN)  et toute leur descendance .

Quelle chance MADO, que ce soutien familial si réconfortant , sécurisant, qui te permet de vivre une retraite harmonieuse et sereine .

Avec eux , tu es dans un cocon de soie : la soie ? un clin d’œil  malicieux à ta jeunesse chez  BOUSCARLE  !

 

Tu l’as bien mérité cette belle retraite ! C’est ce que Janny et moi ,  nous souhaitons au plus grand nombre , en adressant  notre salut amical aux « AMIS DE LA CLASSE » .

Mado saga d'une Sorguaise par Louis Gérent
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commentaires

Louis Gérent 04/03/2021 18:35

Cher Jean
Tu as raison j'ai oublié de légender la photo ! A gauche ma soeur MADO puis Jeanine ROGIER et enfin Janny mon épouse0 Une particularité : toutes trois directement ou par alliance nos cousines branche HURARD"

Jean Spinardi 03/03/2021 19:16

D'abord merci à François pour ton poème où tu regrettes l'ingratitude des gens à l'égard des soignants
mais trop aux J.T. puis oubliés, qui trop embrasse mal étreint dit-on.
Merci Louis pour ton récit, tu sais bien évoquer les gens humbles, les vies simples de ceux dont la seule
ambition semble être de ne pas trop emmerder les voisins, comme dit Brassens.
Ça me rappelle aussi ces vers de Verharen évoquant l'humble masure du pêcheur:
"... la maison perdue au fond du vieil hiver,
Dans les dunes de Flandre et les vents de la mer".
(souvenir de la communale du temps qu'on y apprenait deux, trois trucs.).
Sinon qui sont les personnages de la photo, au milieu, Mado je suppose mais les autres?
Bien amicalement, Jean.

Louis Gérent 03/03/2021 10:30

François tes poèmes nous bouleversent. Autant d'imagination et de sensibilité, nous touche en cette cruelle actualité. Merci d'avoir évoqué nos soignants, leur rendre justice, leur éviter l'oubli, l'indifférence et l'ingratitude.

François Quinonero 03/03/2021 08:25

Merci Louis de tous ces souvenirs dont je retrouve certains avec qui j'ai travaillé pendant de longues années à l'Electro. Un passé qui me semble si proche et dont le rappel évoque tous ces bons moments passés avec eux et vivement qu'on puisse enfin se retrouver pour raviver ces temps anciens.

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